Drapeaux réimaginés à travers la sémiotique et le récit, notamment pour les Maoris, les peuples autochtones de l’Arctique et la Palestine.
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Flags of Tomorrow : repenser le design à travers la sémiotique et le récit

Un mémoire de master explorant comment les drapeaux peuvent dépasser les conventions héritées grâce à la sémiotique, au récit et à des systèmes visuels plus clairs.

Les drapeaux sont partout. Ils représentent des nations, des villes, des équipes sportives, des mouvements politiques et des communautés. Pourtant, beaucoup de drapeaux reposent sur les mêmes formules visuelles : rectangles, bandes, combinaisons de couleurs familières et symboles dont les significations sont souvent vagues ou ajoutées après coup.

Pour mon mémoire de master à LUCA School of Arts à Bruxelles, j’ai étudié comment la conception de drapeaux pourrait être repensée comme une discipline sémiotique moderne. Le projet, intitulé Flags of Tomorrow, remet en question les conventions vexillologiques héritées et propose un système qui accorde plus de poids au récit, à l’inclusion et à la clarté.

De nombreux drapeaux nationaux sont étonnamment similaires. La plupart sont rectangulaires, beaucoup utilisent deux ou trois couleurs de base, et beaucoup répètent les mêmes agencements. Cette uniformité trouve en partie ses racines dans les traditions coloniales et navales européennes, où les drapeaux rectangulaires étaient pratiques et faciles à reproduire.

Aujourd’hui, cette même standardisation peut créer de la confusion et limiter l’expression culturelle. Je soutiens que les drapeaux devraient communiquer plus clairement en tant qu’objets sémiotiques. Au lieu de fonctionner uniquement comme des marqueurs territoriaux, ils peuvent devenir des histoires visuelles qui expriment des récits partagés, des mythes, des émotions et des valeurs.

Pour tester cette idée, j’ai développé un système dans lequel les couleurs représentent des émotions, les symboles renvoient à des éléments narratifs, et le drapeau peut être lu de gauche à droite comme un storyboard. L’accent se déplace de la possession d’un territoire vers le récit d’une histoire partagée.

Une des premières études de cas portait sur un drapeau palestinien réimaginé. J’ai remplacé le triangle noir par une carte du plan de partage de l’ONU de 1947 pour questionner l’idée de frontières fixes ou naturelles. Présenté dans un espace d’exposition à Bruxelles, le drapeau a suscité des conversations sur le territoire, l’identité et la représentation.

Les designs ultérieurs se sont encore éloignés de la conception conventionnelle des drapeaux. J’ai créé un drapeau palestinien déconstruit à partir de bandes de tissu séparées, un drapeau pour les peuples celtes fondé sur le mythe de Táin Bó Cúailnge, et un drapeau pour les Maoris inspiré par le récit de création de Rangi et Papa.

Le projet a également exploré des drapeaux pour des groupes sous-représentés, notamment les peuples autochtones de l’Arctique. Ces designs ne visaient pas à remplacer des identités existantes, mais à tester comment les drapeaux pourraient devenir plus distincts, inclusifs et enracinés dans les histoires des communautés qu’ils représentent.

Les drapeaux sont de puissants outils d’identité et de communication, mais leur langage de design a très peu évolué. Flags of Tomorrow propose que les designers remettent en question les conventions héritées et imaginent des symboles plus clairs, plus significatifs et plus représentatifs des personnes qu’ils représentent.

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